La problématique de l'inclusion financière occupe depuis quelques années une place de choix dans les enjeux de développement économique de l'espace UEMOA. Par finance inclusive, il faut comprendre un système financier qui assure un accès équitable pour les populations. Elle se définit par opposition à l'exclusion financière qui prive une partie de la population de tout accès aux services financiers ou bien leur assure un accès inadapté aux véritables besoins.
L'UEMOA est appuyée dans la construction d'une finance inclusive par le Grand-Duché de Luxembourg à travers le projet AFR/017 (Promotion de secteurs financiers inclusifs dans la zone UEMOA) qui a été officiellement lancé le 4 novembre 2008 par le Gouverneur de la BCEAO. Ce projet est destiné à soutenir le secteur de la microfinance dans l'Union.
Mais quelle est la situation de la finance inclusive dans les différents pays de l'Union?
Pour essayer de répondre à cette question, nous avons recouru à un
indice mis au point par Mandira Sarma de l'ICRIER (Indian Council for
research on international economic relations) qui est basé sur la
distance euclidienne inverse normée (0<=d<=1). En utilisant les
statistiques des monographies des SFD de Juin 2006, nous avons obtenu
un indice IF qui donne pour chaque pays, l'état de la finance
inclusive. Plus IF est proche de 1 (resp. de 0), plus l'inclusion
financière est à un meilleur (mauvais) niveau comparativement aux
autres.
La représentation graphique des IF montre que le Sénégal est le pays où le secteur financier est le plus inclusif, suivi immédiatement du Bénin. Le Niger a le plus mauvais indice suivi de la Guinée Bissau.
Perspectives
Le Projet AFR/017 constitue un espoir pour le développement de la finance inclusive dans l'espace communautaire. La nouvelle réglementaion des SFD décidée par les plus hautes instances de l'Union permettra de renforcer le cadre d'exercie de ces instititutions qui occupent une place importante dans les stratégies de développement des pays de l'UEMOA.
Il reste cependant à espérer que le concept de l'inclusion financière ne se cantonne pas aux seuls SFD. Il faudra certainement veiller à construire une passerelle entre SFD et banques afin d'éviter un cloisonnement excessif des ces deux secteurs vitaux pour nos économies.
Le Bénin vient d'être victime pour la deuxième fois au cours de l'année 2008 d'un braquage sanglant ayant fait plusieurs victimes et d'énormes dégâts. Il s'agit d'une opération digne d'un film hollywoodien. Deux institutions bancaires ont vu leurs agences situées au sein du marché international de Dantokpa démolies, soufflées par des dynamites puissantes utilisées pour ouvrir les coffres-forts. Selon certaines sources, les gangsters auraient emporté la rondelette somme de quatre cent millions de francs cfa. Au lendemain de ce sanglant remake, les usagers du marché international de Dantokpa ont exprimé leur désarroi et souhaité la fermeture des agences bancaires présentes dans le marché. Dans une sage décision prise en écho à ces aspirations légitimes, le Gouvernement béninois a plutôt opté pour une suspension provisoire des activités bancaires dans le marché et la mise sur pied d'une commission chargée de proposer des solutions pérennes.
Nous ne souhaitons pas anticiper sur les recommandations de la commission mais juste émettre notre avis. Une interrogation qui vient à l'esprit est de savoir pourquoi les banques ont fait le choix d'ouvrir des agences au sein du marché de Dantokpa ? La réponse à cette question coule de source pour qui connaît l'importance du chiffre d'affaire global jounalier réalisé dans ce marché et la part exagérement importante qu'occupe le fiduciaire dans les transactions. Les banques sont au marché pour, entre autres, aider les usagers à sécuriser leurs recettes. Elles contribuent à sécuriser davantage les populations qui sont moins exposées au vol et aux pertes d'argent suite aux incendies. Malheureusement elles sont considérées aujourd'hui comme le principal obstacle à la sécurité du marché. Nous pensons qu'il faut faire la part des chose.
Ce qui est en cause, ce n'est pas la présence des agences bancaires mais l'attrait que représente l'énorme magot qu'elles collectent auprès de leurs clients. Il existe des agences bancaires dans des endroits très réculés du Bénin qui n'ont jamais connu le moindre braquage. Il y a également une concentration d'agences bancaires dans la zone commerciale de Ganhi à Cotonou sans que l'on ne déplore des braquages de ce genre. Le problème, ce n'est pas la présence des agences bancaires dans le marché mais plutôt l'usage exagéré du fiduciaire dans les transactions qui engendre des dépôts en espèces importants au niveau de ces agences. Il est donc possible et même souhaitable de régler ce problème sans pour autant délocaliser ces agences. Et c'est à ce niveau que la monétique pourrait jouer un rôle déterminant.
Une solution que nous préconisons est que l'Etat puisse prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter la mise en place rapide d'une monétique interbancaire au Bénin. Les autorités monétaires sous-régionales ont eu la vision d'entreprendre depuis 1999 la modernisation des systèmes et moyens de paiement dans l'UEMOA. La monétique interbancaire constitue l'une des dernières étapes importantes de ce vaste chantier. Elle est déjà une réalité dans certains pays comme le Sénégal, le Mali et la Côte d'Ivoire. Le Bénin pourrait hâter sa préparation et rendre ce système disponible sur le marché bancaire et financier national. Nous sommes convaincus qu'avec l'argument sécuritaire, il serait très facile de convaincre les usagers du marché Dantokpa à adopter la monétique. Les vendeurs se muniront de TPE (Terminal de Paiement Electronique) et les acheteurs de leurs cartes bancaires ou portes-monnaies électroniques. Les transactions se feront ainsi en toute sécurité. Les agences bancaires pourront alors rester et même se multiplier au sein du marché sans augmenter le risque sécuritaire. Les services bancaires de proximité demeurent nécessaires dans ce marché pour accompagner les usagers notamment les gros vendeurs et acheteurs qui ont besoin de conseils avisés et de crédits pour mener à bien leurs activités.
C'est notre opinion.
Avec 25 millions d’opérations par carte bancaire en 2007, la monétique est en pleine expansion en Tunisie. Un programme de réduction des coûts des transactions devrait consolider davantage l’embellie du secteur.
La 2e édition du Salon banques et monétique 2008, tenu du 31 octobre au 2 novembre à Tunis, a révélé une belle progression de la monétique en Tunisie. Le nombre des cartes bancaires a atteint 2,5 millions en 2007, contre 508 000 en 2001, selon les statistiques de la Société monétique-Tunisie (SMT), une filiale de toutes les banques tunisiennes créée en 1989. Avec environ un million d’unités, les cartes Visa arrivent en première position, suivies par les cartes de retrait locales et les MasterCard.
Au cours de la même période, le nombre des distributeurs automatiques de billets (DAB) a enregistré une forte progression pour s’établir à 1100 unités en 2007 contre 450 six années auparavant, selon la société spécialisée dans la conception, l’intégration, l’exploitation et la gestion de solutions monétiques. De son côté, le nombre des terminaux de paiement électronique (TPE) est passé de 3500 unités en 2001 à 8577 unités en 2007. Cette évolution au niveau des équipements a permis de quadrupler le nombre des opérations de retrait et de paiement par carte bancaire, qui a atteint 25 millions transactions en 2007.
Nouveaux services
Pour atteindre l’objectif de 50 millions de transactions par carte bancaire en 2009, les banques tunisiennes œuvrent à étoffer leur panel de services de paiement sécurisés. Un nouveau service, appelé Mobil Top-Up, permettant la recharge des téléphones portables via les DAB, est opérationne